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Résidentiel · Fiche BAR-SE-107

BAR-SE-107 : jusqu’à 13 000 kWh cumac par logement raccordé à un réseau de chaleur

Un immeuble raccordé à un réseau de chaleur n’a pas de chaudière : il a une sous-station, et c’est là que tout se joue. Quand l’eau du circuit secondaire repart vers le réseau encore chaude, parce qu’un bipasse la recycle ou qu’une pompe la brasse à débit constant, le réseau produit et transporte de la chaleur pour rien. La fiche BAR-SE-107 valorise les travaux qui corrigent ce défaut dans un bâtiment résidentiel existant, en France métropolitaine. Le montant se compte par logement selon la zone climatique, et il ne peut être obtenu qu’une seule fois sur un même circuit secondaire.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A37-1
Durée de vie conventionnelle
12 ans

L'essentiel

  • La fiche vise les bâtiments résidentiels existants raccordés à un réseau de chaleur existant, en France métropolitaine : on supprime, dans la ou les sous-stations, l’ensemble des points de recyclage et/ou des situations de débit constant qui renvoient de l’eau trop chaude vers le réseau.
  • Le montant est un forfait par logement multiplié par le nombre de logements : 13 000 kWh cumac en zone H1, 10 900 en H2, 8 500 en H3. Durée de vie conventionnelle : 12 ans.
  • Trois types d’intervention, un seul à cocher : suppression des points de recyclage dans la sous-station, ou suppression plus équilibrage de toutes les sous-stations raccordées au réseau, ou suppression plus équilibrage des sous-stations du circuit secondaire concerné.
  • Deux documents portent le dossier, et le gestionnaire du réseau de chaleur signe les deux : une étude technique préalable avec schéma de principe, état initial et état final, puis une attestation d’absence de points de recyclage et de débit constant établie par le professionnel après travaux.
  • Les circuits secondaires d’un bâtiment ne donnent lieu qu’à une seule délivrance de certificats au titre de cette fiche : on ne la refait pas sous-station par sous-station, ni quelques années plus tard.

Ce que couvre la fiche BAR-SE-107, et ce que veut dire son code

La fiche BAR-SE-107 s’intitule « Abaissement de la température de retour vers un réseau de chaleur ». Sa dénomination précise l’objet : mise en place, sur les circuits secondaires de chauffage et d’eau chaude sanitaire du bâtiment, d’un système permettant cet abaissement, en supprimant l’ensemble des points de recyclage et/ou des situations de débit constant dans la ou les sous-stations. Le mot qui compte est « l’ensemble » : on ne traite pas un bipasse sur trois, on nettoie toute la sous-station de ce qui renvoie de l’eau chaude au réseau.

Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le bâtiment résidentiel. SE désigne la famille des services, par opposition aux fiches TH qui portent sur un équipement thermique ou EN sur l’enveloppe : on ne valorise pas une pompe ou une vanne, mais un résultat obtenu sur une installation. 107 est le numéro d’ordre dans la série.

L’attestation sur l’honneur demande que le bâtiment résidentiel existe depuis plus de deux ans à la date d’engagement, et le gestionnaire du réseau atteste que le réseau existe depuis au moins deux ans à cette même date : un immeuble neuf raccordé à un réseau neuf n’entre pas dans la fiche. Le périmètre est la France métropolitaine. La version en vigueur est la A37-1 et la durée de vie conventionnelle de 12 ans, période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées pour donner le montant en kWh cumac.

Pourquoi une température de retour plus basse fait économiser de l’énergie

Un réseau de chaleur fonctionne en boucle. Une chaufferie centrale chauffe de l’eau qui circule dans des canalisations enterrées jusqu’aux bâtiments. Dans chaque immeuble, une sous-station abrite un échangeur : d’un côté l’eau du réseau, le primaire, de l’autre l’eau de l’immeuble, le secondaire, qui alimente les radiateurs et prépare l’eau chaude sanitaire. L’eau du primaire cède sa chaleur puis repart vers la chaufferie : c’est la température de retour, et toute la performance du réseau en dépend. Plus l’eau revient froide, plus chaque mètre cube pompé transporte de chaleur, et moins les pompes travaillent. En chaufferie, un retour froid permet de condenser les fumées et de mieux valoriser une chaleur fatale ou une géothermie dont la température est limitée par nature. Une sous-station qui renvoie de l’eau trop chaude dégrade tout cela pour l’ensemble du réseau, pas seulement pour l’immeuble concerné.

La fiche nomme deux coupables. Le point de recyclage : un bipasse, une soupape de décharge ou une vanne de mélange qui renvoie de l’eau du départ directement dans le retour, sans qu’elle ait traversé un émetteur ; chaque litre recyclé repart chaud vers l’échangeur, puis vers le réseau. Et la situation de débit constant : une pompe secondaire qui tourne toujours au même régime quelle que soit la demande ; à mi-saison, quand les robinets thermostatiques se ferment, l’eau n’a plus où céder sa chaleur et revient presque aussi chaude qu’elle est partie.

Le remède est connu des chauffagistes : vannes deux voies à la place des trois voies en mélange, suppression des bipasses, pompes secondaires à vitesse variable, et équilibrage entre sous-stations pour qu’aucune ne soit suralimentée au détriment des autres. La fiche ne prescrit pas de liste de matériel : elle décrit le résultat, l’absence de points de recyclage et de débit constant, et exige qu’un professionnel l’atteste.

Qui peut en bénéficier

Le bénéficiaire est le propriétaire ou le gestionnaire du ou des bâtiments résidentiels raccordés : syndicat de copropriétaires, bailleur social, propriétaire d’un immeuble entier.

Trois acteurs apparaissent dans le dossier. Le professionnel qui réalise les travaux remplit la partie C de l’attestation. L’entité qui établit l’étude technique préalable, professionnel ou bureau d’études, est identifiée par sa raison sociale, son SIREN et la référence de l’étude. Le gestionnaire du réseau de chaleur approuve l’étude et l’attestation finale en les signant, et remplit un cadre D de l’attestation sur l’honneur lorsqu’il n’est pas lui-même l’entreprise des travaux : il y atteste que le réseau existe depuis au moins deux ans, qu’il fournira les documents de valorisation exclusivement au demandeur désigné et qu’il ne signera pas d’attestation semblable avec une autre personne morale.

Cette clause a une conséquence pratique : le gestionnaire du réseau est souvent lui-même un acteur du dispositif et peut vouloir valoriser l’opération de son côté. Il faut donc, avant d’engager, savoir qui portera les certificats et obtenir son accord écrit. Et comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant l’acceptation du devis.

  • Éligible : immeuble d’habitation existant depuis plus de deux ans, raccordé à un réseau de chaleur existant depuis au moins deux ans, en France métropolitaine, avec des points de recyclage ou un débit constant documentés dans l’étude préalable.
  • Exclu : bâtiment ou réseau de moins de deux ans, bâtiment non résidentiel, territoire hors métropole, circuit secondaire déjà valorisé au titre de la BAR-SE-107.

Comment se calcule le montant

Le point 5 de la fiche tient en une ligne : un montant en kWh cumac par appartement, qui dépend de la zone climatique, multiplié par N, le nombre de logements. Aucune puissance à relever, aucun débit à mesurer pour le calcul, aucune distinction entre chauffage seul et chauffage plus eau chaude sanitaire, aucun coefficient selon le type d’intervention.

La zone climatique est celle du département du bâtiment. H1 couvre la plus grande partie du territoire, dont Paris, Lyon, Lille et Grenoble. H2 correspond à l’ouest et au sud-ouest, Nantes, Bordeaux ou Toulouse. H3 regroupe le pourtour méditerranéen et la Corse, Marseille, Nice ou Montpellier.

La variable N demande de la rigueur. La fiche écrit « par appartement » dans le barème et « nombre de logements » dans la colonne voisine et dans l’attestation sur l’honneur, sans définir davantage. La lecture prudente est de compter les logements effectivement desservis par les circuits secondaires sur lesquels portent les travaux : si l’opération ne porte que sur l’une des sous-stations d’un ensemble, seuls les logements qu’elle alimente entrent dans N. La fiche ne prévoit pas de compter les locaux non résidentiels, commerce en pied d’immeuble ou local d’activité, même raccordés au même circuit.

Zone climatiqueMontant par logementFormule
H113 000 kWh cumac13 000 × N
H210 900 kWh cumac10 900 × N
H38 500 kWh cumac8 500 × N
Durée de vie conventionnelle12 ansFiche BAR-SE-107, point 4
NNombre de logements desservis par les circuits secondaires traitésDéclaré dans l’attestation sur l’honneur

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Combien ça représente en vrai

Une copropriété parisienne de 80 logements, zone H1, une seule sous-station dont les bipasses et la vanne de mélange sont supprimés et la pompe passée en vitesse variable : 13 000 × 80 = 1 040 000 kWh cumac. Un bailleur social à Nantes, zone H2, qui traite une résidence de 250 logements alimentés par la même sous-station : 10 900 × 250 = 2 725 000 kWh cumac. Une résidence marseillaise de 120 logements, zone H3 : 8 500 × 120 = 1 020 000 kWh cumac. Enfin, trois bâtiments à Grenoble, zone H1, 400 logements au total, trois sous-stations sur un même circuit secondaire, suppression des points de recyclage et équilibrage de l’ensemble : 13 000 × 400 = 5 200 000 kWh cumac.

La zone pèse lourd : les 120 logements marseillais vaudraient 13 000 × 120 = 1 560 000 kWh cumac en H1, soit 540 000 kWh cumac de plus pour les mêmes travaux. Le type d’intervention, lui, ne change pas le forfait ; ce qui change, c’est N : supprimer les points de recyclage d’une seule sous-station ne compte que ses logements, supprimer et équilibrer trois sous-stations compte ceux des trois. C’est l’étendue du périmètre, pas la complexité des travaux, qui fait le volume.

CasZoneN (logements)CalculMontant en kWh cumac
Copropriété à ParisH18013 000 × 801 040 000
Résidence sociale à NantesH225010 900 × 2502 725 000
Résidence à MarseilleH31208 500 × 1201 020 000
La même résidence si elle était en H1H112013 000 × 1201 560 000
Trois bâtiments à Grenoble, trois sous-stationsH140013 000 × 4005 200 000

Les conditions techniques : une étude avant, une attestation après, le gestionnaire du réseau qui signe les deux

La mise en place est réalisée par un professionnel, sans qualification ni signe de qualité nommés par la fiche. Le premier document est l’étude technique préalable, établie par un professionnel ou un bureau d’études avant les travaux. La fiche en fixe le contenu : un schéma de principe de la distribution de chaleur ; l’état initial, avec l’emplacement de l’ensemble des sous-stations et la présence soit de points de recyclage, soit d’une situation de débit constant générant une température de retour trop élevée ; le descriptif des travaux et des équipements à installer ; l’état final prévu. Le gestionnaire du réseau approuve ce document en le signant. Une étude qui se contenterait de lister du matériel, sans schéma ni état initial, ne répond pas à cette définition.

Le second document, que la fiche désigne comme le document spécifique à l’opération, est l’attestation établie par le professionnel après travaux. Elle atteste de l’absence de points de recyclage et de situation de débit constant. Lorsque l’intervention porte sur un circuit comportant plusieurs sous-stations, elle atteste en plus de la bonne répartition des débits, soit par la mesure des débits, soit par la mesure des températures de retour, les vannes de régulation étant positionnées en grande ouverture. Cette précision est à prendre au pied de la lettre : l’équilibrage se vérifie à pleine ouverture, pas en régime régulé, sinon la régulation masque les déséquilibres. Là encore, le gestionnaire du réseau approuve en signant.

La preuve de réalisation, en pratique la facture, mentionne les sous-stations traitées et l’un des trois types d’intervention, en cohérence avec la case cochée dans l’attestation sur l’honneur. Enfin, la fiche pose une règle d’unicité : les circuits secondaires d’un bâtiment ne peuvent donner lieu qu’à une seule délivrance de certificats au moyen de cette fiche. Elle n’écrit aucun délai au bout duquel on pourrait recommencer : la lecture prudente est que c’est une fois pour toutes.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
Bâtiment et réseauBâtiment résidentiel existant, réseau de chaleur existant, France métropolitainePlus de deux ans pour le bâtiment, au moins deux ans pour le réseau, à l’engagement
InstallateurMise en place réalisée par un professionnelAucune qualification nommée
Type d’interventionUn seul parmi trois : suppression des points de recyclage ; suppression et équilibrage de toutes les sous-stations du réseau ; suppression et équilibrage des sous-stations du circuit secondaire concernéMême case dans l’attestation sur l’honneur, la facture et l’attestation du professionnel
Étude technique préalableSchéma de principe, état initial, descriptif des travaux et équipements, état final prévuAntérieure aux travaux, signée par le gestionnaire du réseau
Attestation du professionnelAbsence de points de recyclage et de débit constant ; si plusieurs sous-stations, répartition des débits mesurée vannes en grande ouvertureDocument spécifique de la fiche, signé par le gestionnaire du réseau
Preuve de réalisationMentionne les sous-stations traitées et le type d’interventionLibellé explicite, pas une simple ligne de matériel
UnicitéUne seule délivrance par circuits secondaires du bâtimentTraiter tout le périmètre en une fois

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

L’erreur la plus fréquente est de confondre la sous-station traitée et le périmètre déclaré. Reprenons l’ensemble grenoblois de 400 logements et trois sous-stations. Si les travaux n’ont porté que sur la sous-station qui alimente 150 logements, première case cochée, le montant est 13 000 × 150 = 1 950 000 kWh cumac. Déclarer les 400 logements donnerait 13 000 × 400 = 5 200 000 kWh cumac, soit 3 250 000 kWh cumac de trop pour une opération non réalisée sur les deux autres sous-stations. À l’inverse, qui traite une seule sous-station aujourd’hui risque de ne plus pouvoir revenir sur les deux autres au titre de cette fiche si elles relèvent des mêmes circuits secondaires du bâtiment.

Le bon ordre : faire établir l’étude préalable, la faire signer par le gestionnaire du réseau, s’accorder avec lui par écrit sur qui valorise les certificats, faire intervenir le mandataire avant la signature du devis, réaliser les travaux, mesurer vannes en grande ouverture s’il y a plusieurs sous-stations, puis faire signer l’attestation finale par le professionnel et par le gestionnaire. Quand ces points sont calés, le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.

  • Pas d’étude technique préalable, étude postérieure aux travaux, ou étude sans schéma de principe, état initial et état final prévu.
  • Étude ou attestation finale non signées par le gestionnaire du réseau de chaleur.
  • Attestation du professionnel muette sur l’absence de points de recyclage et de débit constant, ou, pour plusieurs sous-stations, sur la méthode de vérification des débits.
  • Nombre de logements qui ne correspond pas aux sous-stations réellement traitées, ou qui inclut des locaux non résidentiels.
  • Type d’intervention différent d’une pièce à l’autre, plusieurs cases cochées, ou facture qui ne nomme ni les sous-stations traitées ni le type d’intervention.
  • Bâtiment ou réseau de moins de deux ans, usage autre que résidentiel, circuit secondaire déjà valorisé, ou attestation semblable signée par le gestionnaire avec une autre personne morale.
  • Mandataire ou obligé intervenu après l’acceptation du devis : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.

Questions fréquentes

Combien vaut une opération BAR-SE-107 pour mon immeuble ?

Un forfait par logement multiplié par le nombre de logements desservis par les circuits secondaires traités : 13 000 kWh cumac en zone H1, 10 900 en H2, 8 500 en H3. Un immeuble de 60 logements à Lyon, en H1, représente 13 000 × 60 = 780 000 kWh cumac. Le type d’intervention, le nombre de sous-stations ou les équipements posés ne modifient pas le forfait.

Qu’est-ce qu’un point de recyclage dans une sous-station ?

Tout montage qui renvoie de l’eau du départ directement dans le retour sans passer par les radiateurs ou le préparateur d’eau chaude : bipasse, soupape différentielle, vanne de mélange trois voies. L’eau recyclée revient chaude vers l’échangeur, puis vers le réseau, dont la température de retour monte. La fiche exige la suppression de l’ensemble de ces points, attestée par le professionnel après travaux.

Le gestionnaire du réseau de chaleur doit-il obligatoirement intervenir ?

Oui, à trois reprises : il signe l’étude technique préalable, il signe l’attestation d’absence de points de recyclage et de débit constant établie après travaux, et il remplit le cadre D de l’attestation sur l’honneur lorsqu’il n’est pas l’entreprise des travaux. Sans ses signatures, le dossier n’est pas complet.

Peut-on déposer une BAR-SE-107 sous-station par sous-station, sur plusieurs années ?

La fiche écrit que les circuits secondaires du ou des bâtiments concernés ne peuvent donner lieu qu’à une seule délivrance de certificats au moyen de cette fiche, sans prévoir de délai de renouvellement. La lecture prudente est de traiter en une seule opération l’ensemble des sous-stations d’un même circuit secondaire, avec le type d’intervention incluant l’équilibrage, plutôt que de fractionner et de voir les tranches suivantes refusées.

Si l’intervention ne concerne que l’eau chaude sanitaire, est-elle éligible ?

La dénomination vise les circuits secondaires de chauffage et d’eau chaude sanitaire, et le résultat exigé est l’absence de points de recyclage et de débit constant dans la sous-station, sans montant distinct par usage ni cas de traitement partiel. La lecture prudente : l’attestation finale doit pouvoir affirmer l’absence de ces défauts sur l’ensemble de la sous-station, chauffage compris.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.