BAR-TH-116 : le plancher chauffant basse température vaut jusqu’à 300 kWh cumac par m² chauffé
Chauffer une pièce avec de l’eau à 35 °C au lieu de 65 °C, c’est tout l’intérêt du plancher chauffant hydraulique à basse température, et c’est ce que valorise la fiche BAR-TH-116 dans les logements existants. Le montant se compte au mètre carré réellement chauffé par le plancher, de 110 à 300 kWh cumac selon la zone climatique et le type de logement. Trois conditions structurent le dossier : une eau à 40 °C au plus dans le réseau, une sonde au départ de chaque réseau pour la régulation, et une facture qui nomme précisément ce qui a été posé.
- Secteur
- Résidentiel
- Version applicable
- v. A17-1
- Durée de vie conventionnelle
- 50 ans
L'essentiel
- La fiche valorise la mise en place d’un plancher chauffant hydraulique à basse température associé à un dispositif de régulation, dans un bâtiment résidentiel existant. Le logement neuf est hors champ.
- Le montant est un forfait par m² de surface chauffée par le plancher : 300, 210 ou 280 kWh cumac en H1 selon qu’il s’agit d’une maison individuelle, d’un appartement à chauffage individuel ou d’un appartement à chauffage collectif ; 250, 170 ou 230 en H2 ; 160, 110 ou 150 en H3.
- La température de l’eau dans le réseau doit être inférieure ou égale à 40 °C, et la régulation de cette température doit être commandée par une sonde placée au départ de chaque réseau depuis le collecteur.
- La preuve de réalisation doit mentionner un plancher chauffant hydraulique à basse température associé à une régulation thermique ; à défaut, marque et référence de l’équipement plus un document du fabricant qui l’atteste.
- Durée de vie conventionnelle de 50 ans. Version A17-1, résidentiel existant seulement.
Ce que couvre la fiche BAR-TH-116 et ce que dit son code
La fiche BAR-TH-116 porte sur la mise en place d’un plancher chauffant hydraulique à basse température associé à un dispositif de régulation. Trois mots comptent dans cette dénomination. Hydraulique : c’est de l’eau qui circule dans les tubes, pas une résistance électrique. Basse température : l’eau ne dépasse pas 40 °C dans le réseau. Régulation : le plancher seul ne suffit pas, il faut l’organe qui pilote la température de l’eau envoyée dans les boucles.
Le code se lit en trois blocs. BAR désigne le secteur des bâtiments résidentiels, par opposition aux fiches BAT du tertiaire, IND de l’industrie ou AGRI de l’agriculture. TH renvoie à la famille thermique, celle des opérations qui agissent sur la production, la distribution ou l’émission de chaleur. 116 est le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille.
Le secteur d’application est précis : les bâtiments résidentiels existants. Une maison en construction ou un immeuble livré avec son plancher d’origine ne relèvent pas de cette fiche. Elle vise la rénovation : un sol refait, une extension chauffée depuis la chaudière de la maison, des radiateurs remplacés par un plancher dans un logement déjà habité.
La version lue est la A17-1 ; le document ne porte pas de date d’application. La durée de vie conventionnelle est de 50 ans : les économies sont comptées sur un demi-siècle puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac, pour cumulés et actualisés, et le niveau des forfaits.
Pourquoi une eau à 40 °C fait économiser de l’énergie
Un radiateur a une petite surface d’échange : pour céder assez de chaleur, il doit être très chaud, et l’eau qui l’alimente part souvent de la chaudière entre 60 et 75 °C. Un plancher chauffant inverse la logique : la surface d’échange, c’est tout le sol de la pièce. Une eau à 30 ou 35 °C suffit alors à tenir 20 °C dans la pièce. C’est ce qu’on appelle un émetteur à basse température.
Ce régime d’eau tiède change le rendement de tout ce qui se trouve en amont. Une chaudière à condensation ne condense vraiment que si l’eau qui lui revient est assez froide pour liquéfier la vapeur des fumées ; avec un retour de plancher chauffant, elle condense en permanence, alors qu’avec des radiateurs à haute température elle ne le fait qu’une partie de la saison. Une pompe à chaleur consomme d’autant moins d’électricité que l’écart entre la source froide et la température de départ est faible : produire de l’eau à 35 °C lui coûte nettement moins que de l’eau à 55 °C.
Deux effets s’ajoutent : des pertes de distribution faibles, puisqu’elles dépendent de l’écart entre l’eau et l’ambiance, et un confort rayonnant qui permet une température d’air un peu plus basse qu’avec des convecteurs, chaque degré de consigne gagné se retrouvant sur la consommation.
Reste la régulation, et ce n’est pas un détail. Une dalle chauffante a une inertie considérable : elle met des heures à monter en température et autant à redescendre. Sans régulation de la température d’eau, le plancher surchauffe au premier rayon de soleil et l’occupant compense en ouvrant les fenêtres. La sonde placée au départ de chaque réseau mesure ce qui part réellement vers les boucles et permet à la vanne de mélange ou au générateur d’ajuster la température en continu. C’est cette association, émetteur basse température plus régulation, que la fiche valorise, pas le plancher nu.
Qui peut en bénéficier
La fiche ne restreint pas le bénéficiaire : il suffit que les travaux portent sur un logement d’un bâtiment résidentiel existant. Elle distingue en revanche trois configurations, qui déterminent la colonne du barème : la maison individuelle, l’appartement à chauffage individuel et l’appartement raccordé à un chauffage collectif.
La mise en place doit être réalisée par un professionnel. La fiche ne demande aucune qualification ou mention particulière : elle exclut simplement le particulier qui poserait lui-même ses boucles et son collecteur. Pour une opération qui touche à la dalle, au circuit hydraulique et à la régulation, c’est de toute façon le métier d’un chauffagiste.
Comme pour toute opération CEE, l’acteur qui valorise les certificats, obligé, délégataire ou mandataire, doit avoir joué son rôle actif et incitatif au plus tard le jour de l’engagement, en pratique la signature du devis. Un propriétaire qui a déjà signé avec son installateur et cherche ensuite à faire valoriser son plancher arrive trop tard. C’est le premier point à caler, avant même de parler de surface et de zone.
La fiche ne fixe aucune condition sur le générateur qui alimente le plancher : ni remplacement, ni type, ni rendement. Une maison qui garde sa chaudière et passe des radiateurs à un plancher basse température régulé est dans le champ.
Comment se calcule le montant
Le barème tient dans un tableau à trois lignes, les zones climatiques H1, H2 et H3, et trois colonnes, les types de logement, multiplié par une seule variable : S, la surface de bâtiment chauffée par le plancher chauffant basse température, en m². Pas de coefficient de puissance, pas de tranche de surface, pas de distinction selon le générateur.
La zone climatique dépend du département du logement. Plus la zone est froide, plus la saison de chauffe est longue et plus le plancher économise : d’où un barème dégressif de H1 vers H3. Une maison à Lyon ou à Strasbourg, en H1, vaut 300 kWh cumac par m² ; à Bordeaux ou à Nantes, en H2, 250 ; à Marseille ou à Montpellier, en H3, 160.
Le type de logement pèse aussi. Pour une même surface en H1, la maison individuelle est à 300, l’appartement avec chauffage collectif à 280 et l’appartement avec chauffage individuel à 210. La fiche ne motive pas ces écarts, issus des hypothèses conventionnelles de consommation de chaque configuration. En pratique, la colonne se choisit d’après le mode de production de chaleur du logement, pas d’après la façon dont le plancher est posé.
La surface S est celle chauffée par le plancher, et uniquement celle-là. La fiche ne précise pas si l’on retient la surface habitable des pièces équipées ou la surface de dalle couverte par les tubes ; la lecture prudente consiste à retenir la surface des pièces effectivement chauffées par le plancher, telle qu’elle ressort du plan de calepinage de l’installateur, et à la faire figurer sur la facture.
| Zone climatique | Maison individuelle | Appartement, chauffage individuel | Appartement, chauffage collectif |
|---|---|---|---|
| H1 | 300 kWh cumac par m² | 210 kWh cumac par m² | 280 kWh cumac par m² |
| H2 | 250 kWh cumac par m² | 170 kWh cumac par m² | 230 kWh cumac par m² |
| H3 | 160 kWh cumac par m² | 110 kWh cumac par m² | 150 kWh cumac par m² |
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EstimerCombien ça représente en vrai
Les forfaits au m² paraissent modestes, mais on multiplie par toute la surface d’un logement, et dans le collectif par le nombre de logements. Posons quatre cas.
Une maison individuelle de 120 m² à Lyon, en zone H1, entièrement passée en plancher chauffant basse température : 300 × 120 = 36 000 kWh cumac. La même maison à Montpellier, en zone H3 : 160 × 120 = 19 200 kWh cumac. L’écart de zone fait presque du simple au double pour des travaux identiques.
Une maison de 140 m² à Strasbourg, en H1, dont seul le rez-de-chaussée de 80 m² reçoit le plancher, l’étage gardant ses radiateurs : 300 × 80 = 24 000 kWh cumac. C’est la surface équipée qui compte, pas la surface du logement.
Un appartement de 65 m² à Nantes, en H2, chauffé par sa propre chaudière murale : 170 × 65 = 11 050 kWh cumac. C’est la configuration la moins valorisée du barème.
Un immeuble à chauffage collectif à Lille, en H1, dont les 24 appartements de 60 m² sont équipés lors d’une réhabilitation lourde : la surface totale est de 60 × 24 = 1 440 m², et le montant de 280 × 1 440 = 403 200 kWh cumac. Le collectif est le vrai gisement de cette fiche : une seule opération, une seule facture détaillée par logement, et un volume qui change d’échelle.
Les conditions techniques : 40 °C, une sonde par réseau, une facture explicite
La première condition porte sur la température de l’eau dans le réseau : inférieure ou égale à 40 °C. La fiche ne dit pas s’il s’agit d’une température de départ de calcul, d’une consigne maximale réglée sur la régulation ou d’une valeur mesurée, et elle ne fixe pas de conditions extérieures de référence. La lecture prudente est de faire apparaître cette limite partout : dans le dimensionnement de l’installateur, dans la butée haute de la régulation, et sur la facture. Un plancher dimensionné pour 45 °C par grand froid ne remplit pas la condition, même s’il tourne à 32 °C la plupart du temps.
La deuxième condition concerne la régulation. Le dispositif doit réguler la température de l’eau dans le réseau et être commandé par une sonde de température placée au départ de chaque réseau depuis le collecteur. Deux conséquences. Un simple thermostat d’ambiance qui ouvre et ferme les boucles ne suffit pas : il régule la température de la pièce, pas celle de l’eau. Et s’il y a plusieurs réseaux issus du collecteur, un par niveau ou par zone, chacun doit avoir sa sonde au départ ; sur une installation à un seul collecteur et une seule vanne de mélange, une sonde de départ bien placée répond à la condition.
La troisième condition est documentaire. La preuve de réalisation, en pratique la facture, mentionne la mise en place d’un plancher chauffant hydraulique à basse température associé à une régulation thermique. À défaut, la facture indique la marque et la référence de l’équipement, accompagnée d’un document du fabricant attestant que cet équipement est un plancher chauffant hydraulique à basse température avec une régulation thermique. Cette voie de repli fonctionne quand l’installateur a posé un système complet d’un même fabricant, tubes, collecteur et régulation sous une même référence ; avec des composants de plusieurs fournisseurs, le libellé explicite sur la facture reste la seule voie sûre.
Ce que la fiche n’exige pas mérite aussi d’être dit : ni épaisseur d’isolant sous le plancher, ni pas de pose des tubes, ni puissance surfacique, ni type de revêtement, ni essai de pression ni procès-verbal de mise en chauffe. Ces éléments relèvent des règles de l’art et du contrat avec l’installateur, pas de la délivrance des certificats.
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
La fiche est courte et ses conditions peu nombreuses, ce qui rend chaque manquement visible. Le dossier repose sur trois pièces : le devis signé après l’intervention du mandataire ou de l’obligé, la facture avec ses mentions, et le cas échéant le document du fabricant. Voici les motifs de rejet les plus prévisibles.
Le bon réflexe consiste à verrouiller le devis avant la signature : y faire écrire plancher chauffant hydraulique à basse température, régulation de la température d’eau avec sonde au départ de chaque réseau, température du réseau inférieure ou égale à 40 °C, et la surface chauffée par le plancher, pièce par pièce. La facture reprend ces mentions mot pour mot. Le calcul tient alors en une multiplication et le dossier passe.
- Logement neuf ou en cours de construction : le secteur d’application est le résidentiel existant, l’exclusion est immédiate.
- Plancher chauffant électrique, ou plancher rayonnant à câbles : la fiche vise un plancher hydraulique, où c’est de l’eau qui circule.
- Facture qui parle de « chauffage au sol » ou de « tubes et collecteur » sans mentionner le plancher chauffant hydraulique à basse température ni la régulation thermique, et sans document du fabricant pour compenser.
- Absence de régulation de la température d’eau : installation pilotée seulement par un thermostat d’ambiance ou par des têtes électrothermiques sur le collecteur, sans sonde de départ.
- Sonde unique sur une installation à plusieurs réseaux : la fiche dit « au départ de chaque réseau depuis le collecteur ».
- Température de départ prévue au-dessus de 40 °C dans le dimensionnement, ou butée haute de la régulation réglée au-delà, alors que la fiche impose 40 °C au plus.
- Surface S surévaluée : surface habitable totale du logement retenue alors que seule une partie des pièces est chauffée par le plancher.
- Mauvaise colonne du barème : appartement à chauffage individuel déclaré en chauffage collectif pour gonfler le forfait.
- Mauvaise zone climatique : le département du logement fixe la ligne du barème, pas l’adresse de l’installateur.
- Devis signé avant l’intervention du mandataire ou de l’obligé : le rôle actif et incitatif doit être établi au plus tard le jour de l’engagement.
Questions fréquentes
Combien vaut un plancher chauffant BAR-TH-116 pour une maison de 100 m² ?
Pour une maison individuelle dont les 100 m² sont chauffés par le plancher : 300 × 100 = 30 000 kWh cumac en zone H1, 250 × 100 = 25 000 en H2, 160 × 100 = 16 000 en H3. Si seule une partie de la maison est équipée, on ne retient que la surface des pièces chauffées par le plancher.
Le plancher chauffant électrique est-il éligible à la fiche BAR-TH-116 ?
Non. La fiche vise un plancher chauffant hydraulique, c’est-à-dire parcouru par de l’eau à 40 °C au plus, associé à une régulation de la température de cette eau. Un plancher rayonnant électrique à câbles ou à films ne correspond pas à la dénomination, quelle que soit sa régulation.
Faut-il changer la chaudière ou installer une pompe à chaleur en même temps ?
Non, la fiche ne pose aucune condition sur le générateur qui alimente le plancher : seuls comptent la température d’eau dans le réseau, la régulation par sonde de départ et la mention sur la facture. Le remplacement du générateur relève d’autres fiches du catalogue. Techniquement, c’est avec une chaudière à condensation ou une pompe à chaleur que le plancher basse température donne le meilleur rendement.
Un thermostat d’ambiance connecté suffit-il comme dispositif de régulation ?
Non, pas à lui seul. La fiche demande une régulation de la température de l’eau dans le réseau, commandée par une sonde placée au départ de chaque réseau depuis le collecteur. Un thermostat d’ambiance agit sur la température de la pièce en ouvrant ou fermant les circuits ; il peut compléter l’installation, mais il ne remplace pas la sonde de départ et l’organe qui ajuste la température d’eau.
Mon appartement est dans un immeuble à chaufferie collective. Quelle colonne du barème s’applique ?
La colonne « appartement avec chauffage collectif » : 280 kWh cumac par m² en H1, 230 en H2, 150 en H3. La colonne « chauffage individuel » concerne l’appartement qui produit lui-même sa chaleur. C’est le mode de production qui fixe la colonne, pas la personne qui porte les travaux.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.