TRA-SE-116 : jusqu’à 0,190 kWh cumac par tonne-kilomètre de fret ferroviaire
Aucun matériel à poser, aucun chantier : l’opération, ici, est un contrat. La fiche TRA-SE-116 valorise la mise en place d’un contrat de prestation de fret ferroviaire entre un chargeur et un opérateur ferroviaire ou un commissionnaire de transport, et compte les certificats à la tonne-kilomètre réellement roulée sur le réseau ferré national. Le montant va de 0,105 à 0,190 kWh cumac par tonne-kilomètre selon qu’il s’agit d’un flux repris à la route ou d’un flux nouveau, puis selon la nature des marchandises. La fiche s’applique aux opérations engagées avant le 1er janvier 2030, et chaque contrat dure de trois à douze mois.
- Secteur
- Transport
- Version applicable
- v. A65-2, opérations engagées à compter du 1er janvier 2025
- Durée de vie conventionnelle
- 1 an
L'essentiel
- La fiche valorise un contrat de prestation de fret ferroviaire, initial ou de renouvellement, de trois à douze mois. Le bénéficiaire est le chargeur, personne morale qui confie ses marchandises à un opérateur ferroviaire, directement ou par un commissionnaire de transport.
- L’unité de calcul est la tonne-kilomètre : tonnes nettes multipliées par les kilomètres parcourus par chemin de fer sur le territoire national. Les manœuvres dans une usine ou un port et les kilomètres hors de France ne comptent pas.
- Quatre coefficients : 0,190 kWh cumac par t.km pour un flux auparavant transporté par route ; pour un flux nouveau 0,172 (NST 01, 03, 04, 09), 0,142 (NST 07, 08, 12) ou 0,105 (autres), multipliés par le ratio C/R entre durée du contrat et durée du relevé de trafic.
- La preuve de réalisation n’est pas une facture mais un relevé de trafic ferroviaire établi par l’opérateur, expédition par expédition. Pour un flux repris à la route s’y ajoute un relevé de trafic routier du chargeur avec échantillon de lettres de voiture.
- Durée de vie conventionnelle : 1 an. Un même flux peut être valorisé dans des contrats successifs sur cinq ans au plus, chaque renouvellement engagé dans les deux mois suivant la fin du contrat précédent. La fiche vise les opérations engagées avant le 1er janvier 2030.
Ce que couvre la fiche TRA-SE-116, et ce que veut dire son code
La fiche TRA-SE-116 porte sur la mise en place d’un contrat de prestation de service de fret ferroviaire concernant des marchandises. Ce qui est valorisé n’est ni une locomotive, ni un wagon, ni un embranchement : c’est le service de transport lui-même, mesuré par les tonnes-kilomètres réalisées sur le territoire national, en transport conventionnel (wagons classiques) ou dans un conteneur maritime.
La fiche exclut les tonnes-kilomètres opérées par des entreprises non régulièrement autorisées à circuler sur le réseau ferré national et réalisées sur des entités à périmètre restreint, en citant les installations industrielles et les ports. Les manœuvres d’un locotracteur dans une usine ou sur un terminal portuaire ne produisent aucun kWh cumac.
Le code se lit en trois blocs : TRA pour le secteur du transport, SE pour la famille des services, celle des opérations qui consistent en une prestation et non en l’achat d’un équipement, comme le contrôle d’un tracteur au banc en AGRI-SE-101, et 116 pour le numéro d’ordre. La version en vigueur est la A65-2, pour les opérations engagées à compter du 1er janvier 2025, et la fiche s’applique aux opérations engagées avant le 1er janvier 2030. La durée de vie conventionnelle est de 1 an : un contrat dure au plus douze mois et rien ne garantit que les marchandises resteront sur le rail au-delà.
Pourquoi un train de marchandises consomme moins qu’un camion
Tout part du contact roue-rail. Une roue d’acier sur un rail d’acier se déforme très peu, alors qu’un pneu s’écrase sur le bitume à chaque tour et dissipe de l’énergie en chaleur : à tonnage égal, la résistance au roulement d’un train est plusieurs fois plus faible que celle d’un ensemble routier. Vient ensuite l’effet de masse : une ou deux locomotives tirent des centaines, parfois plus d’un millier de tonnes nettes, là où chaque camion embarque son propre moteur pour une vingtaine de tonnes utiles. Le train n’offre au vent qu’un seul front, et sur la partie électrifiée du réseau la traction est électrique, avec un rendement très supérieur à celui d’un diesel.
C’est pour cela que la fiche raisonne en tonnes-kilomètres et non en nombre de trains : une tonne déplacée sur un kilomètre, le travail de transport accompli. Nettes signifie marchandise seule, hors tare des wagons et des conteneurs. La fiche ne motive pas les écarts entre ses coefficients ; la lecture la plus simple est qu’un flux dont on prouve qu’il circulait par la route est un report modal certain, d’où le coefficient le plus élevé.
Qui peut en bénéficier
Le bénéficiaire est le chargeur, défini par la fiche comme une personne morale qui confie l’acheminement de ses marchandises à un opérateur de fret ferroviaire, directement ou par le biais d’une entreprise commissionnaire de transport : cimentier, chimiste, coopérative céréalière, embouteilleur, constructeur automobile ou négociant.
Le professionnel dépend du montage : l’opérateur de fret ferroviaire si le chargeur contracte directement avec lui, le commissionnaire sinon. L’opérateur est une entreprise ferroviaire qui transporte des marchandises pour le compte d’autrui et assure elle-même la traction. Dans tous les cas, c’est lui qui établit le relevé de trafic ferroviaire, même quand il n’est pas signataire du contrat avec le chargeur.
- Non éligible : les tonnes-kilomètres parcourues hors de France sur un trajet international, les mouvements à l’intérieur d’une usine ou d’un port, et les t.km opérées par une entreprise non autorisée sur le réseau ferré national.
- Non écrit dans la fiche : la caisse mobile et la semi-remorque sur wagon. Elle ne nomme que le transport conventionnel et le conteneur maritime ; la lecture prudente est de ne compter que ces deux cas.
- Hors champ : un contrat de moins de trois mois ou de plus de douze mois, la fiche ne prévoyant pas d’autre durée.
Comment se calcule le montant
La formule est la même dans tous les cas : un coefficient en kWh cumac par tonne-kilomètre, multiplié par le ratio C/R, multiplié par les tonnes-kilomètres du relevé de trafic ferroviaire, et non celles annoncées dans le contrat. Le coefficient dépend du cas, 5.1 ou 5.2, et pour le cas 5.2 du groupe NST 2007 de niveau 1 des marchandises. Attention : le contrat décrit les marchandises au niveau 2, mais le barème se lit au niveau 1, soit les deux premiers chiffres.
C est la durée du contrat, en mois, entre trois et douze. R est la durée du relevé de trafic ferroviaire : six mois ou moins de contrat, le relevé couvre tout le contrat et R est égal à C ; plus de six mois, le relevé couvre six mois consécutifs et R vaut 6. Le ratio C/R vaut donc 1 jusqu’à six mois et grimpe jusqu’à 2 pour douze mois : les tonnes-kilomètres observées sur six mois sont extrapolées à la durée totale.
| Cas | Marchandises (NST 2007, niveau 1) | Montant par t.km | Source |
|---|---|---|---|
| 5.1 Flux existant, auparavant transporté par route | Toutes catégories | 0,190 kWh cumac | Fiche TRA-SE-116, point 5.1 |
| 5.2 Nouveau flux | 01 agriculture et pêche, 03 minerais, 04 alimentaire et boissons, 09 autres produits minéraux non métalliques | 0,172 kWh cumac | Point 5.2 |
| 5.2 Nouveau flux | 07 produits pétroliers raffinés, 08 chimie et plastiques, 12 matériel de transport | 0,142 kWh cumac | Point 5.2 |
| 5.2 Nouveau flux | Autres catégories | 0,105 kWh cumac | Point 5.2 |
| Ratio C/R | Contrat de 3 à 6 mois : C/R = 1 | Contrat de plus de 6 mois : C/R = C/6 | Point 5 |
| Durée de vie conventionnelle | 1 an | Comptée sur une seule année | Point 4 |
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Premier cas, un flux repris à la route. Un chimiste expédiait par camion 25 000 tonnes sur six mois vers un site client distant de 450 km par le rail. Il signe six mois avec un opérateur ferroviaire, le relevé couvre tout le contrat, C/R = 6/6 = 1. Tonnes-kilomètres : 25 000 × 450 = 11 250 000 t.km. Montant : 0,190 × 1 × 11 250 000 = 2 137 500 kWh cumac.
Deuxième cas, un flux nouveau de boissons. Un embouteilleur ouvre une liaison vers une plateforme de distribution et signe douze mois. Le relevé porte sur six mois consécutifs et constate 20 000 tonnes nettes sur 400 km : 20 000 × 400 = 8 000 000 t.km. Groupe NST 04, coefficient 0,172, C/R = 12/6 = 2. Montant : 0,172 × 2 × 8 000 000 = 2 752 000 kWh cumac. L’extrapolation à douze mois double le résultat du relevé.
Troisième cas, des véhicules neufs expédiés vers un port sur 800 km, contrat de neuf mois, relevé de six mois à 5 000 tonnes nettes : 5 000 × 800 = 4 000 000 t.km. Groupe NST 12, coefficient 0,142, C/R = 9/6 = 1,5. Montant : 0,142 × 1,5 × 4 000 000 = 852 000 kWh cumac. La fiche compte les tonnes, pas les wagons.
Quatrième cas, des conteneurs maritimes de produits manufacturés remontés d’un port sur 700 km, contrat de quatre mois, relevé sur les quatre mois, 60 000 tonnes nettes : 60 000 × 700 = 42 000 000 t.km. Marchandises hors des groupes listés, coefficient 0,105, C/R = 1. Montant : 0,105 × 1 × 42 000 000 = 4 410 000 kWh cumac. Le coefficient est le plus bas, le tonnage fait la différence. Et si le flux chimique du premier cas était un flux nouveau (groupe NST 08, coefficient 0,142), il vaudrait 0,142 × 1 × 11 250 000 = 1 597 500 kWh cumac : la reprise à la route prouvée rapporte environ un tiers de plus.
| Situation | Tonnes-kilomètres du relevé | Calcul | Montant en kWh cumac |
|---|---|---|---|
| Chimie reprise à la route, contrat 6 mois, C/R = 1 | 25 000 × 450 | 0,190 × 1 × 11 250 000 | 2 137 500 |
| Boissons, nouveau flux NST 04, contrat 12 mois, C/R = 2 | 20 000 × 400 | 0,172 × 2 × 8 000 000 | 2 752 000 |
| Véhicules neufs, nouveau flux NST 12, contrat 9 mois, C/R = 1,5 | 5 000 × 800 | 0,142 × 1,5 × 4 000 000 | 852 000 |
| Conteneurs maritimes, nouveau flux autre catégorie, contrat 4 mois, C/R = 1 | 60 000 × 700 | 0,105 × 1 × 42 000 000 | 4 410 000 |
| Le premier cas en flux nouveau, NST 08 | 25 000 × 450 | 0,142 × 1 × 11 250 000 | 1 597 500 |
Les conditions techniques : le contrat, les deux relevés et les factures
La date d’engagement est la date du contrat entre le professionnel et le chargeur. La date d’achèvement est la fin du relevé de trafic ferroviaire, qui constitue la preuve de réalisation. Entre les deux, douze mois au maximum : sur un contrat de douze mois signé avant le premier train, un relevé de six mois placé en fin de contrat dépasse ce délai, le placer dans la première moitié évite le problème.
Pour un renouvellement, le contrat cite les références des contrats initiaux, les marchandises concernées, les dates et la durée du renouvellement, et le dossier joint les contrats initiaux et les renouvellements précédents, avec relevé et factures comme pour un contrat initial.
| Pièce | Ce que la fiche exige | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Contrat de prestation | Référence unique, raisons sociales et SIRET des deux parties, origines et destinations par code postal, marchandises en NST 2007 niveau 2, dates, durée en mois, marchandises déjà sous contrat antérieur | Un contrat-cadre logistique sans ces mentions ne suffit pas |
| Relevé de trafic ferroviaire | Établi par l’opérateur, par chargeur ; référence du contrat, dates, trajets par code postal et code gare UIC, et par expédition : date, sillons, wagons chargés, tonnes nettes, kilomètres, t.km en France, références de facture | Preuve de réalisation ; un récapitulatif de facturation ne suffit pas |
| Relevé de trafic routier (cas 5.1) | Établi par le chargeur sur une durée identique au contrat initial ; voyages routiers en France avec dates, trajets par code postal, tonnes nettes, kilomètres et t.km | Au moins une lettre de voiture ou un bon de livraison lisible par semaine, ou 20 % des t.km routières |
| Attestation de nouveaux flux (cas 5.2) | Le chargeur atteste que les marchandises constituent de nouveaux flux | La fiche ne définit pas le nouveau flux : décrire ce qui n’existait pas avant |
| Factures | Émises par le professionnel au chargeur sur toute la période du relevé : référence du contrat, identités et SIRET, origine et destination, période facturée | Une période du relevé sans facture fragilise le dossier |
| Feuille de calcul | Modèle de la direction générale de l’énergie et du climat : marchandises, t.km valorisées, calcul du montant | Les t.km de la feuille sont celles du relevé ferroviaire |
Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier
Un dossier TRA-SE-116 se contrôle sur pièces, en croisant le contrat, le relevé de trafic ferroviaire et les factures : même référence de contrat, mêmes SIRET, mêmes origines et destinations, périodes cohérentes. Le contrôleur recalcule ensuite les tonnes-kilomètres ligne par ligne et le ratio C/R à partir des dates du contrat et du relevé.
La question la plus délicate est celle du flux « nouveau ». La fiche ne le définit pas, elle demande une attestation du chargeur, et elle ne dit rien d’un trafic déjà ferroviaire qui change simplement d’opérateur : ce trafic n’est ni « précédemment transporté par route » ni nouveau. La lecture prudente est de ne pas le présenter en TRA-SE-116, ou de n’en présenter que la part réellement additionnelle, documentée comme telle.
- Tonnes brutes retenues à la place des tonnes nettes, kilomètres hors du territoire national comptés, ou manœuvres dans l’enceinte d’une usine ou d’un port intégrées aux t.km.
- Ratio C/R mal appliqué : relevé de six mois multiplié par 2 sur un contrat de dix mois, ou relevé partiel sur un contrat de six mois ou moins.
- Relevé de trafic routier sur une durée différente de celle du contrat initial, ou échantillon de lettres de voiture inférieur à une par semaine et à 20 % des t.km.
- Groupe NST 2007 de niveau 1 mal déduit : des produits chimiques (08) déclarés à 0,172, ou des produits alimentaires (04) déclarés à 0,105.
- Contrat hors de la fourchette de trois à douze mois, délai entre engagement et achèvement supérieur à douze mois, ou renouvellement engagé plus de deux mois après la fin du contrat précédent.
- Relevé ferroviaire établi par le commissionnaire ou le chargeur au lieu de l’opérateur, ou factures qui ne couvrent pas toute la période du relevé.
- Mandataire ou obligé intervenu après la signature du contrat, qui est la date d’engagement : le rôle actif et incitatif doit intervenir au plus tard à cette date.
Questions fréquentes
Qui perçoit les certificats TRA-SE-116 : le chargeur ou le transporteur ?
Le chargeur. La fiche le désigne comme bénéficiaire : la personne morale propriétaire du flux, qui en confie l’acheminement à un opérateur ferroviaire ou à un commissionnaire, lesquels sont le professionnel de l’opération. La répartition commerciale de la valeur relève de leur négociation, mais le dossier CEE est au nom du chargeur.
Combien vaut une tonne-kilomètre en kWh cumac avec la fiche TRA-SE-116 ?
0,190 kWh cumac pour un flux auparavant transporté par route et prouvé par un relevé routier. Pour un flux nouveau, 0,172 pour les groupes NST 01, 03, 04 et 09, 0,142 pour les groupes 07, 08 et 12, 0,105 pour les autres, le tout multiplié par le ratio C/R. Par exemple, 1 000 000 de t.km reprises à la route sur un contrat de six mois donnent 0,190 × 1 × 1 000 000 = 190 000 kWh cumac.
Mon trafic roule déjà par le train, je change seulement d’opérateur ferroviaire. Est-ce éligible ?
La fiche ne traite pas ce cas. Elle valorise soit un flux précédemment transporté par route, à prouver par un relevé routier, soit un flux nouveau, que le chargeur atteste. Un trafic déjà ferroviaire qui change de prestataire n’entre dans aucune des deux définitions : la lecture prudente est de ne pas le déposer, ou de limiter le dossier aux tonnes-kilomètres réellement additionnelles.
Un train qui part d’Allemagne et arrive à Lyon est-il éligible à la TRA-SE-116 ?
Oui, pour sa portion française seulement. Les tonnes-kilomètres éligibles sont celles parcourues par chemin de fer sur le territoire national, et le relevé de trafic ferroviaire indique, pour chaque expédition, les kilomètres et les t.km réalisés en France. L’opérateur doit donc découper le parcours à la frontière.
Combien de fois peut-on renouveler un contrat TRA-SE-116 pour le même flux ?
La fiche ne fixe pas de nombre, mais trois bornes : même origine et même destination par code postal pour le même type de marchandises au niveau 2 de la NST 2007, cinq ans au plus entre le début du contrat initial et la fin du dernier contrat, et chaque renouvellement engagé dans les deux mois suivant la fin du précédent. En pratique, une suite de contrats annuels sur cinq ans, chacun déposé comme une opération distincte.
Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.