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Résidentiel · Fiche BAR-TH-124

BAR-TH-124 : chauffe-eau solaire outre-mer, jusqu’à 5 400 kWh cumac par m² de capteur

La fiche BAR-TH-124 est réservée à la France d’outre-mer : Guadeloupe, Martinique, Mayotte, La Réunion et Guyane. Elle valorise la pose d’un chauffe-eau solaire individuel neuf, acheté ou fourni par abonnement, dans une maison ou un appartement. Le montant se calcule au mètre carré de capteur posé, avec un barème qui dépend du territoire et de l’âge du logement : un logement existant vaut à peu près le double d’un logement neuf. La fiche s’applique aux opérations engagées avant le 1er janvier 2031.

Secteur
Résidentiel
Version applicable
v. A78-4, opérations engagées à compter du 1er janvier 2026
Durée de vie conventionnelle
20 ans

L'essentiel

  • Fiche réservée aux départements et régions d’outre-mer : vente ou vente par abonnement d’un chauffe-eau solaire individuel neuf, en maison ou en appartement, logement neuf ou existant, pour les opérations engagées avant le 1er janvier 2031.
  • Montant = barème par m² × superficie hors tout de capteurs posés (norme ISO 9488) : de 2 100 kWh cumac par m² (La Réunion, logement neuf) à 5 400 (Guyane, logement existant).
  • Efficacité énergétique pour le chauffage de l’eau minimale selon l’appoint et le profil de soutirage : 36 à 60 % avec un appoint électrique, 95 à 120 % avec un autre appoint.
  • Certification QB dont l’avis technique couvre explicitement l’outre-mer, ou une équivalence lourde à prouver : Solar Keymark, tenue à l’arrachement de 3 000 Pa, note de calcul Eurocodes, rapport de corrosion.
  • Professionnel titulaire d’un signe de qualité, pas de cumul avec BAR-TH-171 et BAR-TH-172, durée de vie conventionnelle de 20 ans.

Ce que couvre la fiche BAR-TH-124, et ce que veut dire son code

La fiche BAR-TH-124 s’intitule chauffe-eau solaire individuel (France d’outre-mer). Elle valorise la mise en place d’un chauffe-eau solaire individuel neuf, le CESI, dans un logement situé dans l’un des cinq territoires que cite son barème : Guadeloupe, Martinique, Mayotte, La Réunion et Guyane. Un logement de métropole n’entre pas dans cette fiche.

Le code se lit en trois blocs : BAR pour le secteur résidentiel, TH pour la famille thermique, celle des opérations qui agissent sur la production de chaleur, ici celle de l’eau sanitaire, et 124 pour le numéro d’ordre de la fiche dans cette famille.

Particularité rare dans le catalogue : la fiche couvre deux modes de mise à disposition. La vente classique, et la vente par abonnement, définie comme la vente d’un service d’eau chaude assuré par un chauffe-eau solaire neuf installé en début de contrat par un professionnel, avec cession de l’appareil au terme. Le contrat dure au moins dix ans et comporte une clause de maintien en bon état de fonctionnement par le professionnel pendant toute sa durée.

La version en vigueur est la A78-4, pour les opérations engagées à compter du 1er janvier 2026. La durée de vie conventionnelle est de 20 ans : c’est la période sur laquelle les économies sont comptées puis actualisées, d’où l’unité en kWh cumac. La fiche fixe aussi sa propre fin : opérations engagées avant le 1er janvier 2031.

Pourquoi un chauffe-eau solaire économise de l’énergie, et pourquoi l’outre-mer est son terrain

Un chauffe-eau solaire individuel réunit un ou plusieurs capteurs solaires thermiques, un ballon de stockage et un appoint. Le capteur, surface noire sous vitrage ou faisceau de tubes, absorbe le rayonnement du soleil et transmet la chaleur à un fluide qui réchauffe l’eau du ballon. Les jours couverts, l’appoint, le plus souvent une résistance électrique, prend le relais. Chaque kilowattheure apporté par le soleil est un kilowattheure que la résistance n’a pas à produire.

Trois architectures existent, et la fiche les nomme toutes. Le thermosiphon place le ballon au-dessus des capteurs : l’eau chauffée monte naturellement, sans pompe ni régulation, ce qui en fait l’équipement dominant là où le gel n’existe pas. L’auto-stockeur intègre capteur et stockage dans un même bloc. La circulation forcée sépare les capteurs sur le toit et le ballon dans le logement, avec une pompe. Cette distinction compte pour la certification exigée.

L’outre-mer réunit les conditions idéales : ensoleillement fort toute l’année, aucun chauffage des locaux, besoin d’eau chaude constant d’une saison à l’autre. L’eau chaude sanitaire y est souvent le premier poste électrique du logement. C’est pour cela que la fiche valorise fortement chaque mètre carré posé, et bien plus en logement existant, où l’on remplace un chauffe-eau électrique en service, qu’en logement neuf.

Qui peut en bénéficier

Le secteur d’application est précis. D’abord les maisons individuelles, neuves ou existantes. Ensuite les appartements de bâtiments résidentiels neufs ou existants, à une condition : la superficie hors tout totale de capteurs mise en œuvre pour l’ensemble des logements du bâtiment ne dépasse pas 40 m². La fiche ajoute que les parties nouvelles de logements existants, une extension par exemple, sont considérées comme des logements neufs.

Elle s’adresse donc au propriétaire occupant qui remplace son cumulus, au bailleur qui équipe un logement loué, au constructeur ou promoteur d’une maison ou d’un petit collectif, et au ménage qui préfère un abonnement à un achat. Deux limites s’ajoutent : pas de cumul avec les fiches BAR-TH-171, pompe à chaleur air/eau, et BAR-TH-172, pompe à chaleur eau/eau ou eau glycolée/eau ; et, comme pour toute opération CEE, le mandataire ou l’obligé qui valorise les certificats doit être intervenu au plus tard le jour de l’engagement, en pratique avant la signature du devis ou du contrat d’abonnement.

  • Éligible : maison individuelle en outre-mer, neuve ou existante, équipée d’un CESI neuf posé par un professionnel.
  • Éligible : appartement, si le total des capteurs posés pour tous les logements du bâtiment reste inférieur ou égal à 40 m².
  • Éligible : CESI fourni par abonnement, contrat d’au moins dix ans avec clause de maintien et cession au terme.
  • Exclu : logement de métropole, appareil d’occasion, bâtiment dépassant 40 m² de capteurs au total, cumul avec BAR-TH-171 ou BAR-TH-172.

Comment se calcule le montant

Le montant en kWh cumac est le produit de deux termes : une valeur du barème, en kWh cumac par m² de capteur solaire posé, et S, la superficie hors tout de capteurs posés, en m². Le barème dépend de deux paramètres seulement, le territoire et l’âge du logement. Six valeurs au total.

La Guadeloupe, la Martinique et Mayotte partagent une ligne : 5 300 kWh cumac par m² en logement existant, 2 600 en logement neuf. La Réunion est la moins valorisée, 4 300 et 2 100. La Guyane la plus valorisée, 5 400 et 3 000. La fiche ne détaille pas l’origine de ces écarts. Dans tous les cas, l’existant vaut environ deux fois le neuf, et la vente par abonnement se calcule exactement comme la vente.

La grandeur S mérite attention. La superficie hors tout de la norme ISO 9488 est la surface délimitée par les dimensions extérieures du capteur, cadre compris : ni la surface d’entrée, ni la surface d’absorbeur, deux valeurs plus petites que les fabricants indiquent aussi. La facture doit mentionner la superficie hors tout totale, pas une autre.

TerritoireLogement existant (kWh cumac par m²)Logement neuf (kWh cumac par m²)
Guadeloupe, Martinique, Mayotte5 3002 600
La Réunion4 3002 100
Guyane5 4003 000
MontantBarème × S, avec S la superficie hors tout de capteurs posés (ISO 9488)Même S en neuf et en existant

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Combien ça représente en vrai

Un CESI familial occupe en général entre 2 et 4 m² de capteurs. Les montants restent modestes à l’unité, et la fiche prend sa dimension sur le nombre de logements équipés. Posons les calculs.

Une maison existante en Martinique, cumulus électrique remplacé par un thermosiphon de 4 m² hors tout : 5 300 × 4 = 21 200 kWh cumac. La même maison en Guyane : 5 400 × 4 = 21 600 kWh cumac. Une maison existante à La Réunion avec un appareil de 2,5 m² : 4 300 × 2,5 = 10 750 kWh cumac. Une maison neuve en Guadeloupe équipée de 2 m² : 2 600 × 2 = 5 200 kWh cumac.

Un cinquième cas montre l’effet du plafond de 40 m². Un collectif existant de 20 appartements à Mayotte, chacun avec un CESI de 2 m², totalise 20 × 2 = 40 m², exactement la limite : 5 300 × 40 = 212 000 kWh cumac. Avec 21 appartements, l’immeuble dépasserait 40 m² et sortirait entièrement du champ de la fiche.

Dernière lecture, celle de l’âge du logement. La maison de Martinique de 4 m² vaut 21 200 kWh cumac en existant, mais 2 600 × 4 = 10 400 kWh cumac si elle est neuve ou s’il s’agit d’une extension. Avant d’annoncer un volume, la première question est donc : le logement existait-il déjà, et la partie équipée aussi ?

CasTerritoire et logementS (m²)CalculMontant en kWh cumac
Maison, cumulus remplacéMartinique, existant45 300 × 421 200
Maison, cumulus remplacéGuyane, existant45 400 × 421 600
Maison, petit appareilLa Réunion, existant2,54 300 × 2,510 750
Maison neuveGuadeloupe, neuf22 600 × 25 200
Collectif de 20 appartementsMayotte, existant405 300 × 40212 000
La maison de Martinique si elle est neuveMartinique, neuf42 600 × 410 400

Les conditions techniques : une performance, une certification adaptée aux tropiques, une facture complète

Première condition, la performance. L’efficacité énergétique pour le chauffage de l’eau, au sens du règlement européen d’écoconception des chauffe-eau, doit atteindre un seuil qui dépend de l’énergie d’appoint et du profil de soutirage. Appoint électrique à effet Joule : 36 % en profil M, 37 % en L, 38 % en XL, 60 % en XXL. Autre appoint : 95 %, 100 %, 110 % et 120 %. Profil et efficacité sont des données déclarées par le fabricant pour chaque référence : on les lit sur sa documentation. Les seuils à appoint électrique paraissent bas parce que ce règlement compte l’électricité en énergie primaire, ce qui pénalise tout appareil à résistance.

Deuxième condition, la certification, et c’est le cœur de la fiche. Le matériel porte une certification QB dont le domaine d’emploi de l’avis technique couvre explicitement les départements d’outre-mer : un CESI certifié pour la métropole n’est pas certifié pour les cyclones, l’air salin et les séismes. La fiche admet une équivalence, mais en fixe le contenu avec précision. D’abord une certification Solar Keymark, Capteur pour la circulation forcée, Système pour les thermosiphons et les auto-stockeurs. Puis, pour l’arrachement, une tenue du vitrage supérieure ou égale à 3 000 Pa selon la norme ISO 9806, mesurée par un laboratoire accrédité, et une note de calcul Eurocodes d’un bureau d’études indépendant couvrant les charges mécaniques, climatiques et sismiques de la zone. Enfin, pour la corrosion, un rapport d’organisme tiers ISO 9001 selon la norme NF P 24351, a minima E17 pour le châssis, la visserie et les fixations, E16 pour le capteur et le ballon, avec une étude du couple électrochimique des matériaux assemblés.

Troisième condition, la preuve de réalisation. La facture mentionne la mise en place d’un chauffe-eau solaire individuel neuf, la superficie hors tout totale des capteurs posés et l’efficacité énergétique pour le chauffage de l’eau. Pour l’abonnement, c’est le contrat daté et signé. À défaut, une facture donnant marque, référence et superficie hors tout, complétée par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité attestant que la référence est un CESI et donnant son efficacité ; ce document reste utilisable jusqu’à un an après sa date de fin de validité.

Quatrième condition, l’installateur : un professionnel titulaire, pour les opérations engagées à compter du 1er janvier 2021, d’un signe de qualité conforme au décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014. Les deux documents justificatifs spécifiques sont la certification QB ou les pièces justifiant de son équivalence, et la décision de qualification ou de certification du professionnel.

ExigenceCe que dit la fichePoint de vigilance
Efficacité énergétique36 à 60 % en appoint électrique, 95 à 120 % en autre appoint, selon le profil de soutirageLire le profil déclaré par le fabricant, puis le seuil correspondant
CertificationQB avec avis technique couvrant explicitement l’outre-mer, ou équivalence complèteUne certification métropole seule ne suffit pas
ÉquivalenceSolar Keymark Capteur (circulation forcée) ou Système (thermosiphon, auto-stockeur), arrachement ≥ 3 000 Pa ISO 9806, note Eurocodes, corrosion NF P 24351 E17/E16Chaque volet est exigé, aucun ne remplace l’autre
Preuve de réalisationCESI neuf, superficie hors tout totale, efficacité ; ou marque, référence, superficie et document fabricantLe contrat daté et signé fait preuve pour l’abonnement
ProfessionnelSigne de qualité conforme au décret n° 2014-812 depuis le 1er janvier 2021Joindre la décision de qualification en cours de validité

Les contrôles et ce qui fait tomber un dossier

Un dossier BAR-TH-124 repose sur peu de pièces, mais chacune est exigeante : la facture ou le contrat, la certification QB ou son équivalence, la décision de qualification de l’installateur. Les motifs de rejet les plus prévisibles tiennent presque tous à la certification et à la mesure de la surface.

Le bon réflexe consiste à verrouiller le matériel avant de signer : vérifier que l’avis technique QB de la référence cite les départements d’outre-mer, relever la superficie hors tout, le profil de soutirage et l’efficacité dans la documentation du fabricant, puis s’assurer que devis, facture ou contrat reprennent ces mêmes valeurs. Quand ces points sont calés, le calcul tient en une multiplication et le dossier passe.

  • Avis technique QB qui ne couvre pas explicitement l’outre-mer, sans dossier d’équivalence complet : le motif le plus lourd, il touche à la pièce justificative spécifique de la fiche.
  • Équivalence incomplète : Solar Keymark seul, ou certification Capteur fournie pour un thermosiphon qui exige la certification Système.
  • Superficie erronée : surface d’entrée ou d’absorbeur reportée à la place de la superficie hors tout, ou surface absente de la facture.
  • Efficacité énergétique absente de la facture sans document fabricant pour la rattraper, ou inférieure au seuil du profil déclaré.
  • Extension d’une maison existante déclarée en existant, alors que la fiche classe les parties nouvelles en logement neuf.
  • Bâtiment où le total des capteurs posés pour l’ensemble des logements dépasse 40 m².
  • Contrat d’abonnement de moins de dix ans, sans clause de maintien, ou non signé par les deux parties.
  • Cumul avec BAR-TH-171 ou BAR-TH-172, installateur sans signe de qualité valide, ou mandataire intervenu après la signature.

Questions fréquentes

Combien vaut un chauffe-eau solaire BAR-TH-124 pour ma maison ?

Le barème de votre territoire multiplié par la superficie hors tout des capteurs posés. En logement existant : 5 300 kWh cumac par m² en Guadeloupe, Martinique et Mayotte, 4 300 à La Réunion, 5 400 en Guyane ; en logement neuf : 2 600, 2 100 et 3 000. Un thermosiphon de 4 m² sur une maison existante en Martinique donne 5 300 × 4 = 21 200 kWh cumac.

La fiche BAR-TH-124 s’applique-t-elle en métropole ?

Non. Son intitulé la réserve à la France d’outre-mer et son barème ne cite que la Guadeloupe, la Martinique, Mayotte, La Réunion et la Guyane. Un chauffe-eau solaire posé en métropole relève d’autres fiches du catalogue, avec d’autres conditions.

Un chauffe-eau solaire en abonnement ou en location est-il éligible ?

Oui, à trois conditions : un contrat d’au moins dix ans, une clause par laquelle le professionnel maintient l’appareil en bon état de fonctionnement pendant toute sa durée, et la cession du chauffe-eau au terme. Le contrat daté et signé sert alors de preuve de réalisation, et le barème est le même qu’en vente. Une location de courte durée ou sans cession finale ne correspond pas à la définition de la fiche.

Quelle différence entre logement neuf et logement existant, et comment traiter une extension ?

Le barème de l’existant vaut environ le double de celui du neuf. La fiche ne définit pas la frontière entre les deux, sauf sur un point : les parties nouvelles de logements existants sont considérées comme des logements neufs. Un CESI qui alimente une extension se calcule donc sur la colonne neuf ; le remplacement du cumulus d’une maison achevée relève de la colonne existant.

Mon installateur doit-il être qualifié, et puis-je cumuler avec une pompe à chaleur ?

Pour les opérations engagées depuis le 1er janvier 2021, le professionnel est titulaire d’un signe de qualité conforme au décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014, et sa décision de qualification fait partie du dossier. Le cumul est exclu avec les fiches BAR-TH-171, pompe à chaleur air/eau, et BAR-TH-172, pompe à chaleur eau/eau ou eau glycolée/eau. La fiche ne mentionne aucune autre incompatibilité.

Page rédigée par Core Energy à partir de la fiche d'opération standardisée publiée par arrêté et de nos propres guides de dépôt. Les barèmes changent par arrêté : ils sont revérifiés à chaque modification. Contenu vérifié le 2 octobre 2026.